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West Africa Leaks révèle un vaste réseau de corruption en Afrique de l’Ouest

Pour le Réseau pour la justice fiscale en Afrique (TJNA) et l’Alliance mondiale pour la justice fiscale (GATJ), les West Africa Leaks constituent une révélation de la complicité entre les élites politiques corrompues et les multinationales dans la perte des ressources vitales de l’Afrique et appellent les pays riches à davantage de mesures pour lutter contre les flux financiers illicites et la corruption.

NAIROBI, le 28 mai 2018- Les récentes révélations d’une équipe de journalistes ouest-africains en partenariat avec le Consortium international des journalistes d’investigation montrent un cadre systématique d’extraction de fonds hors de la région. Ces révélations qppelées «West Africa Leaks» montrent comment des politiciens de haut rang et des entrepreneurs puissants de la CEDEAO ont accumulé d’importantes sommes d’argent dans des comptes bancaires suisses, principalement par des stratagèmes d’évasion fiscale. Par exemple, la société d’ingénierie canadienne SNC-Lavalin aurait utilisé l’île Maurice pour éviter de payer 8,9 millions de dollars d’impôts au Sénégal. Chevron serait impliqué dans un accord très complexe qui aurait privé le Nigeria de plus de 2 millions d’euros d’impôt sur les gains en capital.

Corruption profondément enracinée

« Les West Africa Leaks révèlent la nature complexe et secrète de l’architecture financière mondiale ainsi que son impact négatif sur les économies locales: ces fuites confirment le caractère international de la corruption et des flux illicites. Les élites politiques corrompues travaillent de concert avec des entités fiscales anonymes. Ces fuites constituent une perte de ressources vitales non seulement pour les pays d’Afrique de l’Ouest mais aussi de tout le continent », explique Alvin Mosioma, directeur exécutif de TJNA. Dereje Alemayehu, le coordinateur exécutif du GATJ, ajoute: “Ces fuites révèlent comment les abus fiscaux multinationaux sont des contributeurs majeurs aux flux financiers illicites, qui saignent les pays en développement et en particulier ceux du continent africain.”

Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, l’Afrique perd environ 100 milliards de dollars par an en flux financiers illicites (FFI) résultant d’activités illégales menées par des particuliers et des sociétés multinationales. L’Afrique de l’Ouest est, à elle seule responsable d’un tiers de ces pertes, en raison de l’important secteur extractif, qui est également le plus touché par les flux financiers illicites. TJNA et GATJ considèrent les pertes dues aux FFI comme ayant un impact négatif sur les pays affectés, les privant de ressources indispensables pour financer des programmes de développement axés sur la transformation structurelle au niveau national. Les West Africa Leaks démontrent par ailleurs la faiblesse des systèmes juridiques et politico-économiques qui régissent de nombreuses économies africaines, vulnérables à l’exploitation par des individus cupides et des sociétés multinationales sans scrupules.

 Les gouvernements africains doivent agir

Les West Africa Leaks illustrent les vues de TJNA et du GATJ sur l’ampleur de la corruption et de l’impunité à travers lesquelles les cadres financiers, politiques et juridiques mondiaux agissent pour appauvrir et renforcer les inégalités en Afrique. Elles surviennent à un moment où les gouvernements africains à travers l’Union africaine ont renouvelé leur engagement dans la lutte contre la corruption. En outre, avec l’adoption par les Nations Unies des Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, les États africains, au titre de l’objectif 16, se sont engagés à promouvoir et à développer des institutions responsables et inclusives à tous les niveaux.

Ainsi, TJNA et GATJ appelle les gouvernements à intensifier leurs efforts concernant le lien de causalité entre la corruption et les flux financiers illicites. Il reste encore beaucoup à faire pour lutter contre le rôle préjudiciable que joue certaines juridictions fiscales qui permettent que des biens mal acquis soient cachés. Ce qui peut être fait en renforçant les capacités de lutte contre les flux financiers illicites grâce à une coopération fiscale intergouvernementale sous la forme d’un mécanisme inclusif et participatif.

Les renseignements de media:

Farah Nguegan

fnguegan@taxjusticeafrica.net

29/05/2018

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The Tax Justice Network-Africa (TJN-A) is a Pan-African initiative and a member of the Global Alliance for Tax Justice. Launched in January 2007 during the World Social Forum (WSF) held in Nairobi, TJN-A promotes socially- just, accountable and progressive taxation systems in Africa. It advocates for tax policies with pro-poor outcomes and tax systems that curb public resource leakages and enhance domestic resource mobilisation.

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